Immanence et exteriorite absolue: Sur la theorie de la causalite et l'ontologie de la puissance de Spinoza

Mogens Laerke

Research output: Contribution to journalArticle

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Abstract

Cet article explore la conception spinozienne du rapport entre substance et mode en analysant les notions de cause de soi, de cause immanente et de puissance. Nous soutenons que la théorie spinozienne de la causalité constitue une tentative pour développer une ontologie relationnelle de la puissance dans laquelle toute dénomination intrinsèque est fondée sur une dénomination extrinsèque. Par opposition à une interprétation courante selon laquelle la substance de Spinoza est une sorte de grande monade dans laquelle toutes choses inhèrent comme les prédicats inhèrent à un sujet logique, nous maintenons que l'ontologie de l'immanence opère une extériorisation radicale de l'être: pour un mode fini, « exister » est s'extérioriser en tant que cause, c'est-à-dire agir. La substance, en revanche, n'est rien que la causalité en tant que telle, ou une forme absolue de l'extériorité. Par conséquent, quand Spinoza maintient que toutes choses sont « en Dieu » (in Deo), la préposition in ne signifie pas s'intérioriser « dans un sujet » (in subjecto), mais plutôt s'extérioriser « dans l'action » (in actione).
Original languageFrench
Pages (from-to)169-190
Number of pages22
JournalRevue Philosophique de la France et de l'Étranger
Volume134
Issue number2
DOIs
Publication statusPublished - Feb 2009

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Immanence et exteriorite absolue : Sur la theorie de la causalite et l'ontologie de la puissance de Spinoza. / Laerke, Mogens.

In: Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, Vol. 134, No. 2, 02.2009, p. 169-190.

Research output: Contribution to journalArticle

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TY - JOUR

T1 - Immanence et exteriorite absolue

T2 - Sur la theorie de la causalite et l'ontologie de la puissance de Spinoza

AU - Laerke, Mogens

PY - 2009/2

Y1 - 2009/2

N2 - Cet article explore la conception spinozienne du rapport entre substance et mode en analysant les notions de cause de soi, de cause immanente et de puissance. Nous soutenons que la théorie spinozienne de la causalité constitue une tentative pour développer une ontologie relationnelle de la puissance dans laquelle toute dénomination intrinsèque est fondée sur une dénomination extrinsèque. Par opposition à une interprétation courante selon laquelle la substance de Spinoza est une sorte de grande monade dans laquelle toutes choses inhèrent comme les prédicats inhèrent à un sujet logique, nous maintenons que l'ontologie de l'immanence opère une extériorisation radicale de l'être: pour un mode fini, « exister » est s'extérioriser en tant que cause, c'est-à-dire agir. La substance, en revanche, n'est rien que la causalité en tant que telle, ou une forme absolue de l'extériorité. Par conséquent, quand Spinoza maintient que toutes choses sont « en Dieu » (in Deo), la préposition in ne signifie pas s'intérioriser « dans un sujet » (in subjecto), mais plutôt s'extérioriser « dans l'action » (in actione).

AB - Cet article explore la conception spinozienne du rapport entre substance et mode en analysant les notions de cause de soi, de cause immanente et de puissance. Nous soutenons que la théorie spinozienne de la causalité constitue une tentative pour développer une ontologie relationnelle de la puissance dans laquelle toute dénomination intrinsèque est fondée sur une dénomination extrinsèque. Par opposition à une interprétation courante selon laquelle la substance de Spinoza est une sorte de grande monade dans laquelle toutes choses inhèrent comme les prédicats inhèrent à un sujet logique, nous maintenons que l'ontologie de l'immanence opère une extériorisation radicale de l'être: pour un mode fini, « exister » est s'extérioriser en tant que cause, c'est-à-dire agir. La substance, en revanche, n'est rien que la causalité en tant que telle, ou une forme absolue de l'extériorité. Par conséquent, quand Spinoza maintient que toutes choses sont « en Dieu » (in Deo), la préposition in ne signifie pas s'intérioriser « dans un sujet » (in subjecto), mais plutôt s'extérioriser « dans l'action » (in actione).

U2 - 10.3917/rphi.092.0169

DO - 10.3917/rphi.092.0169

M3 - Article

VL - 134

SP - 169

EP - 190

JO - Revue Philosophique de la France et de l'Étranger

JF - Revue Philosophique de la France et de l'Étranger

SN - 0035-3833

IS - 2

ER -